Après les déceptions de la saison 2024/2025, sélectifs ratés malgré une moyenne de concours à 98.50, forfait pour le Championnat d’Allemagne (où je m’étais qualifiée en hommage à mon éleveur décédé depuis peu) en raison d’un problème personnel de santé, j’ai une grosse revanche à prendre. Je sais, je sens que Daïki est capable de concourir à haut niveau.
Saison 2025/26 :
Daïki (Daïkini aus Mandana) est au top de sa forme. Elle réussit quasi tous les concours. Le 1er sélectif pour le Championnat de France est à Bréchaumont et c’est une catastrophe pour presque tous les chiens en raison de la tempête (pluie et vent très fort). Daïki tire tout de même son épingle du jeu en ayant la mention
sur les 2 pistes ce qui n’est pas le cas pour la majorité des concurrents. Ceci me donne d’autant plus confiance. Le championnat de France se rapproche.
Le second sélectif est à saint Vulbas, proche de chez moi. C’est un atout, je n’ai qu’une heure de route. Les pistes seront tracées dans du labour et ça, c’est le terrain de jeu préféré de Daïki : second atout.
Daïki termine 2eme/20 du sélectif avec, au vu de sa moyenne, une promesse de qualification au Championnat de France de pistage FH, tant convoité et tant espéré par les conducteurs. Lorsque je reçois la confirmation de ma participation à ce championnat, ce n’est que du bonheur ! C’est la récompense de nombreuses années d’entraînement, de réflexions pour améliorer les capacités des chiens, c’est aussi des obligations quand il pleut, vente … et c’est beaucoup de sacrifices financiers (un seul concours à moins de 350kms).
Le championnat de France a lieu les 7 et 8 Mars prochain
Je rêve secrètement d’une petite place sur le podium. Daïki en a les capacités mais …. Tout peu arriver en
piste car beaucoup d’éléments extérieurs interviennent dans la compétition : le temps, le gibier, l’hygrométrie ….. sur lesquels nous n’avons aucune prise.
Un dernier petit entrainement dans la semaine pour conforter la maitresse (ce qui d’ailleurs ne fut pas le cas !) Jeudi 5 Mars : départ pour Reichshoffen en Alsace. Je pars suffisamment tôt pour permettre à Daïki de bien se reposer après ce voyage de plus de 450 kms. J’ai loué un petit gite tranquille, loin de toute agitation. Je
veux mettre toutes les chances de mon côté.
Vendredi 6 Février :
Tirage au sort : le moment que je redoute tant car j’ai la poisse depuis des années en tirant le 1 ou le dernier, ordre de passage qu’aucun concurrent ne souhaite. Et je ne vais pas déroger à l’ordre établi car comme d’habitude, je tire le numéro 1. Et là, je remercie vivement France, une amie, qui
m’a beaucoup aidée sur la préparation mentale car j’ai pu gérer et ne pas me laisser submerger par les émotions négatives. J’ai le 1, tant pis, je dois faire avec. Ca, ça a été une force ! Samedi 7 Février : j’ouvre donc le bal. L’herbe est un peu haute, trop haute pour Daïki. Ce terrain semble trop facile pour elle. Je sais qu’elle ne sera pas aussi appliquée que dans un terrain difficile, elle risque de lever le nez, d’accélérer …. Surtout, rester zen ! Ne pas transmettre d’émotion négative à Daïki avant le
départ. Daïki terminera tout de même avec 88 points/100.
Déception de ma part, je pense que le podium vient de s’envoler. Mais en fin de journée, au vu des différents résultats, je me dis que tout reste jouable et je parviens à me remotiver. Toute l’équipe de pistage de mon club est derrière moi, m’appelle, me soutient, suit les résultats à distance pour me gonfler au maximum et me dire que tout n’est pas perdu. Daïki est finalement bien classée après le premier jour, tout reste jouable.
Dimanche, bien évidemment, je passe en …. dernier. Je vous l’avais dit ! Mais c’est du labour ! c’est de bon augure.
Natacha la maitresse de Tango et Fred, sont venus me rejoindre. Ça fait du bien, ça soutient. Natacha me booste, elle est encore plus accroc que moi. Elle cherche tous les résultats précédents, elle calcule la moyenne des autres concurrents. Et là, ça peut être un avantage de passer en dernier : je sais que le
podium est à portée de truffe. Natacha flaire la victoire et me stimule au maximum. Je n’ai pas trop de stress, je sens que ma chienne va bien. Mais, le labour n’est pas beau : très très sec et la température extérieure s’est élevée, ce que craint beaucoup Daïki.
Présentation au juge : « Madame PAUGET, vous avez malheureusement le terrain le plus difficile du week end, je vous souhaite Bonne Chance ! ».
Moi : « Et bien, elle devra encore plus s’accrocher ». Et c’est ce que Daïki a fait : s’accrocher tout le long de la piste. Le haut du terrain est béton mais elle
travaille méticuleusement, sans relâche. Et voilà, après environ 1200 pas, 2 fausses pistes et 7 objets, elle reçoit 90 points, meilleure note du groupe !
Natacha a peaufiné ses calculs …Le bonheur est là, et si nos calculs sont bons, Daïki est Championne de France mais ….. attendons les résultats officiels.
LE RÊVE EST DEVENUE REALITE : DAIKINI AUS MANDANA CHAMPIONNE DE FRANCE PISTAGE IFH 2026, la marseillaise pour Daïki et ici, sur ce podium tant espéré, des émotions à peine contenues.
Mais le rêve continu…………………
J’ai encore à peine réalisé cette victoire que Jérôme Robert, du groupe de travail FH, vient à ma rencontre : « En tant que Championne de France, tu peux aller représenter la France au Championnat du monde FH toutes races en Avril à Vranov nad Toplou en Slovaquie ». Mais qu’est-ce qu’il me dit ? Ça, je n’avais jamais osé l’imaginer, même pas en rêve. Tout se bouscule dans ma tête, que dois-je faire ? Vranov c’est loin, très loin. 1780 kms. J’y suis déjà allée pour le Championnat du monde Hovawart. J’ai très envie d’y aller mais j’ai peur, peur de ce long voyage à faire seule, peur de n’être pas à la hauteur, peur de décevoir. Mais je n’ai pas le temps de la réflexion, les copains m’incitent à dire oui. Et je dis oui, envahies d’émotions diverses voire contradictoires, oui pour cette nouvelle aventure. Daïki me propulse là où je n’ai jamais imaginé aller …..le Championnat du Monde de Pistage IGP- FH du 7 au 12 Avril.
VRANOV : un Championnat du Monde toutes races, c’est grandiose ! 51 équipes maitre-chien, 22 nations, 47 bergers allemands, 8 bergers belges , 3 autres races … et paumée au milieu une Hovawart … Mes prétentions sont faibles : obtenir au moins la mention sur les deux pistes, soit au moins 70 points sur chacune d’elles. Il n’y a autour de moi que les meilleurs de chaque nation. Je me sens toute petite. Parallèlement, je me dis qu’il faut savourer cet évènement, que celui-ci ne se représentera sûrement jamais, donc il faut profiter : défilé des nations dans la ville, danses folkloriques, discours, tirage au sort …… et une nouvelle fois, je tire le numéro 1 alors qu’il y en avait encore 47 sur la table !!! Applaudissement de toute la salle car personne ne veut ce fichu numéro 1. Daiki passe donc le mercredi en premier : un blé relativement haut mais Daïki est au boulot et elle m‘offre 91 points/100. Que du bonheur, pour moi c’est une note magnifique. 91 en Championnat du Monde !
En fin de piste, Daïki montre un peu de fatigue : 2600 pas, pas dans pas, c’est effectivement épuisant pour le chien. Je suis toutefois un peu en colère contre moi car j’ai perdu 1 point à cause de mon dossard trop long. La veille j’avais imaginé le problème mais je n’y ai pas remédié et la faute est arrivée. Ça me servira de leçon !
La seconde piste sera relevée le surlendemain. Ce n’est pas bon sur le plan physique mais je ne peux rien y faire. Je laisse donc Daïki au maximum au repos. Je me rappelle des conseils de France : vivre le moment présent ! Sur cette seconde piste, Daïki se montre un peu de fatigué, nous avons le vent de face dès la première ligne mais elle s’accroche. Malgré un souci en fin de piste (indépendant du travail de Daïki) qui fait qu’elle ne trouve pas le dernier objet, nous obtiendrons 81 points. 2 pistes classées en Championnat du Monde toutes races avec un pointage très honorable, ce n’est QUE DU BONHEUR ! et je dois bien avouer : un peu de fierté ! 17eme sur 51 c’est juste un rêve ! suis-je descendue de mon grand nuage ? je n’en suis pas encore tout à fait sûre ….
6eme par équipePour accompagner, un chef d’équipe : Guy Fritsch à qui je dois beaucoup et à qui je dis merci. C’est la toute première fois que j’aborde un championnat de haut niveau avec un chef d’équipe. Cela change tout dans la manière d’aborder la compétition. Il gère tout, avant pendant et après : les inscriptions, les traductions, les restaurants, les horaires… etc etc etc. Je n’ai jamais abordé une compétition avec autant de sérénité. Aucun souci, je me suis laissée porter, je n’avais que Daïki à m’occuper. Merci Guy. Présente également, Muriel la seconde représentante de l’équipe de France. La bonne entente entre nous tous a aussi participé à la réussite de ce championnat.
Merci aussi à toute mon équipe de pistage, présente à chaque entrainement, qu’il pleuve ou qu’il vente. Pendue au téléphone durant tous ces jours de compétition pour me soutenir de loin. Merci aux exploitants agricoles de ma région qui nous autorisent à fouler leurs terres toute l’année. Merci à la CUNCBG et la SCC pour son soutien financier. Merci à mon sponsor Espace Passion Saint Denis les Bourg qui à travers son soutien tout au long de l’année me permets de vivre de telles aventures
Merci à tous ceux qui m’ont soutenu dans cette grande aventure. Et surtout merci à DAIKI qui me propulse à des niveaux de compétition auxquels jusqu’ici je n’avais jamais osé prétendre.
Maintenant, nouveau challenge : le Championnat du MONDE FH HOVAWART, fin Octobre, malheureusement pour moi, encore une fois en Slovaquie.
Je vais tirer les enseignements de ces deux grosses compétitions passées pour encore mieux préparer ma chienne, notamment sur la partie endurance.
Ce qui sera le plus dur pour moi c’est d’être seule là-bas sans chef d’équipe, sans traducteur. Ça, c’est une très grosse difficulté qui va forcement générer du stress chez moi. Il va donc falloir que je le gère au mieux afin de ne pas le transmettre à Daïki.
Et rappelons nous : EN PISTAGE, SEULS, ON N ’EST RIEN
Brigitte PAUGET et DAïKINI AUS MANDANA
